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Fumetto, Fumetti… La BD à l’italienne

Fumetto

Le neuvième art, comme certains le nomment, est celui des bandes dessinées. Quand on parle de la BD italienne, il faut de tout abord établir les termes, toutefois. Si les Italiens nomment les BD fumetto ou, au pluriel, fumetti, ce dernier terme a d’autres dénotations pour le public anglophone. Il désigne, surtout aux Etats-Unis, une autre forme de récit graphique – des histories illustrées avec des photos (voir par exemple A Softer World, une des classiques du genre), contrairement aux dessins, qui caractérisent la BD. Cette sorte d’histoire est appelé en Italine fotoromanzi. Elle est très populaire en Amerique du Sud ou en Espagne, tandis que les Italiens ne la savourent pas trop. La confusion entre ces deux termes est assez facile à éviter en Italie, mais moins dans les pays anglophones, on doit donc connaitre les différences entre ces deux techniques.

Le terme “Fumetto”, utilisé par les Italiens pour nommer les BD, signifie “boule de fumée” et fait référence à la bulle utilisée habituellement par les dessinateurs pour insérer les paroles ou les pensées de leurs personnages. Cette technique d’insérer du texte dans les illustrations est connue depuis bien longtemps et est appelé phylactère: c’est une forme ovale ou rectangulaire, avec une extension pointue qui la relit au personnage auquel appartiennent les mots. En Italie, cette technique de représentation de la parole (bien que pas unique) est donc celle qui a donné leur appellation aux BD – tandis que dans l’espace anglo-saxon on les appelle “comics”, par exemple, bien qu’elles ne soient pas toujours amusantes et en Espagne Tebeos, du nom de la première revue de BD espagnole (TBO).

La BD est officiellement apparue en Italie en 1908
, avec la parution du premier numéro du Corriere dei Piccoli, la première revue de BD de ce pays. Bien que des techniques similaires aient déjà été utilisées par les illustrateurs de revues pour la jeunesse antérieures, comme L’Arlecchino, qui a publié, dès 1848, les premières illustrations satiriques, le Corriere dei Piccoli a lancé les premiers héros italiens de BD, comme Bilbolbul, un petit enfant nègre, qui donne aujourd’hui le nom d’un des festivals italiens de BD. Le Corrierino, comme il est affectueusement appelé, a été aussi le premier à publier en Italie des comics américains. Son succès (plus de 700.000 exemplaires vendus par semaine, à son pic), a mené à la création d’autres périodiques de bandes dessinées, comme il Giornaletto (1910) ou L’Intrepido (1920).

Si durant le fascisme le fumetto a surtout servi au régime, en représentant des faits héroïques de la nation et des valeurs chères aux fascistes, les enfants italiens de l’époque ont pu tout de même lire les histoires de Topolino, le nom italien de Mickey Mouse – les histoires dont il était le héros étant les seules BD étrangères autorisées par le régime fasciste. La raison? Il parait que Mussolini lui-même aimait beaucoup le petit souris, quand il était enfant. Aujourd’hui même, à peu près de la moitié des histoires dessinées qui mettent en pages les héros de Disney (Mickey Mouse ou Donald Duck, par exemple) sont crées en Italie, par des dessinateurs italiens comme Marco Rota, Romano Scarpa ou Giorgio Cavazzano et un des personnages de ces BD est même né en Italie: Paperinik (Duck Avenger ou Phantom Duck). Ce sont des BD très populaires en Italie et un hebdomadaire existe qui publie des histoires inédites: Topolino.

La fin de la deuxième guerre mondiale a mené à une effervescence de périodiques dédies aux BD, et l’Italie n’a pas fait exception. C’est de cet enthousiasme que sont nés les plus connus des personnages italiens de bandes dessinées, comme Draky ou Tex Willer. L’auteur de ce dernier, Gian Luigi Bonelli, a même donné son nom au courant le plus aimé du public italien: les bonelliani, des livres de BD en format poche, avec des histoires complètes, assez longues, généralement en noir et blanc, et dont l’aventure est le sujet de prédilection. Ces livres, outre Tex Willer, présentent les aventures d’autres personnages très populaires: Zagor, Mister No ou Diabolik.

Les BD italiennes les plus connues sont aujourd’hui sont celles de Hugo Pratt et de Guido Crepax – Corto Maltese et Valentina, bien que (ou bien grâce au fait que) cette dernière série se soit peu à peu éloignée de ses thèmes d’origine, en faveur d’une exploration de thèmes érotiques ou ayant sujet aux rêves et autres hallucinations. Corto Maltese nécessite peu de présentation, car il est un des plus connus héros de BD, les histories de Hugo Pratt étant largement traduites. Certains voient dans cette série l’exemple de l’évolution de la BD d’aventures italienne, et les aventures de ce navigateur et aventurier sont étudiées par beaucoup des spécialistes des bandes dessinées.

Le paysage contemporain de la BD italienne ressemble beaucoup à celui d’autres pays de l’Europe. En suivant les intérêts du public-consommateur, beaucoup de maisons d’ édition publient des histoires japonaises (mangas) ou américaines. D’autres misent sur la traduction des classiques européens, comme Asterix, Tintin ou les BD de Moebius, ou Bourgeon. Les seules revues traditionnelles de BD qui sont encore publiées sont Linus et le catholique il Giornalino, ainsi que des revues comme Lancio Story, qui publient des traductions et des BD plus proches des techniques sud-américaines. Les bonelliani marchent encore très bien en Italie, avec quelques quinze titres publiés chaque mois par la maison Bonelli et avec des personnages pour la plupart classiques (Tex Willer, Dylan Dog, Zagor) et d’autres maisons d’édition publient en album des BD cent pour cent intaliennes. Des festivals réunissent chaque année les acteurs de l’ édition italienne de bandes desssinnees: le Festival del Fumetto de Milano, Romics de Rome, ou Bilbolbul, le Festival internazionale de fumetto de Bologne.

Si la popularité des histoires graphiques japonaises et américaines met à rude épreuve les éditeurs et auteurs de BD italiens contemporains, la scène des bandes dessinées italiennes est très riche et très dynamique et invite à sa découverte ceux qui ne la connaissent pas encore. Si vous cherchez ou bien commencer, vous pouvez en toute confiance lire les aventures de Tex Willer: on dit que c’est la BD la plus longue de l’histoire du genre!

 

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